Un match incroyable et une démonstration. Retour sur les finales de conférences.

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Ça y est, après 4 mois de saison régulière et 3 week-ends de playoffs, il ne reste plus que 2 équipes qui s’affronteront au Super Bowl. Les Seahawks défendront leur titre face aux Patriots le 1er février prochain à Glendale. Retour sur les qualifications des deux équipes, qui ont été acquises de manières très différentes…

Les Seahawks retournent au Super Bowl au terme d'un match fou (sacbee.com)
Les Seahawks retournent au Super Bowl au terme d’un match fou (sacbee.com)

Le champion en titre survit à un match épique

Finale de conférence NFC – Century Link Field, Seattle

Seattle Seahawks 28 – Green Bay Packers 22

J’ai vu beaucoup de match de play-offs, et je ne me rappelle pas d’un final comme celui-là. Je me souviens d’autres très bons matchs, même cette année avec Patriots-Ravens ou Packers-Cowboys du tour précédent. Mais pas d’un scénario incroyable comme celui de ce Seahawks-Packers.

6 interceptions, 5 touchdowns, 1 fake field-goal, 1 onside kick récupéré, 1 prolongation, Aaron Rodgers sur une jambe, Richard Sherman qui finit avec un bras… Il y a tout eu dans ce match fou. Tentative de résumé.

Une première mi-temps catastrophique pour Seattle

Les Packers ont bénéficié de la première possession dans ce match. On a donc rapidement pu voir qu’Aaron Rodgers était dans le même état que face à Dallas la semaine dernière. Pas à 100%, clairement gêné par son mollet. Sur le premier drive il va tout de même réussir à faire avancer son attaque plutôt facilement. Arrivé dans les 30 yards de Seattle, il décide de « tester » Richard Sherman. Comme la semaine dernière sur Newton, le CB intercepte la balle et confirme sa réputation. Le match est lancé.

Mais les Seahawks vont vite déchanter car sur sa première passe, Russell Wilson se fait également intercepter, par Clinton-Dix. Le QB, si sûr d’habitude, et l’attaque de Seattle vont connaître une première mi-temps catastrophique. Face à une défense de Green-Bay remontée, Wilson et ses receveurs vont enchainer les erreurs.

Les possessions de Seattle en première mi-temps :

  • Interception
  • Fumble sur retour de kick-off
  • 3&out
  • 3&out
  • Interception
  • Interception

Stats de Russell Wilson : 2/9, 12 yards, 3 interceptions, Rating de 0.0.

Heureusement pour les Seahawks, la défense va faire le boulot en limitant Green-Bay à 16 points. Un écart certes déjà conséquent, mais qui aurait pu être bien plus lourd. Car Aaron Rodgers ne va réussir à marquer qu’un seul touchdown, le reste des points venant du pied de Mason Crosby (3 field-goals).

Une fin de match incroyable

Les Seahawks ne sont pas plus inspiré offensivement en rentrant des vestiaires, avec un nouveau 3&out. Il faut attendre le drive suivant pour voir finalement le champion en titre montrer des signes de vie. Et d’une manière que personne n’imaginait. Wilson réussit notamment une très belle passe sur 3rd down pour Baldwin, et place son kicker en bonne position pour marquer les 3 premiers points de son équipe. C’est alors que Pete Carroll a sorti le « trick play » avec un magnifique « Fake » sur le field-goal. Le punter qui tenait la balle se transforme en quarterback et trouve un receveur seul dans la end-zone. Osé et payant. La défense de Green-Bay, absente en couverture, est également à blâmer sur ce coup.

Ensuite, plus grand-chose jusqu’au début du quatrième quart-temps. Aaron Rodgers mange le chrono et place une nouvelle fois Crosby en bonne position. Le kicker redonne 12 points d’avance à Green-Bay. A 5 minute 13 de la fin du match, Wilson cherche une nouvelle fois Kearse, et comme les trois fois précédentes il se fait intercepter. Tout le monde se dit alors que le match est terminé. Et bien non, car déjà la défense de Seattle fait le boulot avec un 3&out. Et puis parce que 3 minutes 52 en NFL, c’est long…

Marshawn Lynch en « Beast Mode » ouvre la brèche, Wilson arrive à avancer et le QB va finalement marquer sur une course au près. 19-14,  Il reste alors 2 minutes 13. Très peu lorsqu’on sait que Rodgers va récupérer la balle en face. Mais le QB de Green Bay ne la récupérera pas… Car le onside kick est récupéré par Seattle, cela n’arrive presque jamais ! Porté par ce coup du sort et par un Century Link Field en folie, Lynch troue la défense de Green-Bay et s’en va donner l’avantage à son équipe. Impensable, les Seahawks ont fait leur retard et sont passés devant en 3 minutes 08. Mais ce touchdown de Lynch est presque venu trop vite et laisse une dernière opportunité à Rodgers. Le QB boite mais il permet à son kicker d’égaliser et d’envoyer les deux équipes en prolongation.

Les Seahawks ont la balle pour ouvrir la prolongation. Sur 3rd down, Wilson trouve Baldwin pour 35 yards et se retrouve dans le camp adverse. Sur la passe suivante le QB cherche Jermaine Kearse, vers qui il a lancé ses 4 interceptions, mais cette fois le receveur attrape la balle et marque le touchdown qui qualifie Seattle pour le Super Bowl. Wow !

Michael Bennett fait le tour du stade en vélo pour célébrer avec le 12è homme
Michael Bennett fait le tour du stade en vélo pour célébrer avec le 12è homme

Les stats

Malgré un de ses pires matchs en carrière, Russell Wilson sort vainqueur et est toujours invaincu contre des quarterbacks qui ont remporté un Super Bowl (10-0, et 3-0 face à Aaron Rodgers). La mauvaise performance est là, mais on voit pourquoi Wilson est si fort. Il a su revenir dans son match au bon moment pour faire gagner son équipe. En quelques minutes dans le 4ème quart-temps il réussit 6 de ses 7 passes et mène Seattle à deux touchdowns, puis en prolongation il réalise deux grosses passes pour donner la victoire. En champion. Evidemment il n’aurait pas pu le faire sans Marshawn Lynch, qui a encore été le point fort de cette attaque.

Ni sans sa défense, qui a une nouvelle fois montré pourquoi elle était la meilleure de la ligue depuis plusieurs saisons maintenant. Richard Sherman a annoncé la couleur d’entrée et si Green Bay ne s’est pas envolé au score c’est grâce à la Legion of Boom et compagnie.

  • Russell Wilson : 14/29, 209 yards, 1 TD – 4 INT, 44 de rating
  • Marshawn Lynch : 25 courses, 157 yards, 1 TD
  • Défense : 2 interceptions (Sherman, Maxwell)

Aaron Rodgers n’était pas à 100%, on le savait, il a lui aussi souffert face à la meilleure defense de la NFL. Le jeu au sol a été plutôt performant, notamment en début de rencontre.

La défense a bien haussé son niveau de jeu pour ce rendez-vous. Clay Matthews a mis Russell Wilson constamment sous pression, et le QB termine avec son plus mauvais match en carrière. Seule Marshawn Lynch a réellement posé des problèmes.

  • Aaron Rodgers : 19/34, 178 yards, 1 TD – 2 INT, 55 rating
  • Eddie Lacy : 21 courses, 73 yards
  • Défense : 4 interceptions (dont 2 pour Clinton-Dix), 5 sacks

Après le match, Aaron Rodgers a admis « qu’ils avaient laissé filer ce match et qu’ils ne pouvaient s’en vouloir qu’à eux-mêmes ».  Pete Carroll et la majorité des joueurs de Seattle sont revenus sur « le cœur de cette équipe » qui n’a pas lâché. Russell Wilson était lui en pleur sur le banc.

Les Pats ont déroulé pour s'offrir un nouveau titre de conférence AFC (Fox Sports)
Les Pats ont déroulé pour s’offrir un nouveau titre de conférence AFC (Fox Sports)

Les Pats en démonstration

Finale de conférence AFC – Gillette Stadium, Foxborough

New England Patriots 45 – Indianapolis Colts 7

Il y a évidemment beaucoup moins à dire sur la finale de l’AFC, qui n’a pas connu le même suspense. Les Patriots ont dominé les débats du début à la fin du match, la marche était encore trop haute pour Andrew Luck et les Colts. Voici ce qu’il faut retenir.

  • Bill Belichick avait largement dominé sa première bataille cette saison face aux Colts, en misant notamment sur le jeu au sol (201 yards de Jonas Gray). Il a récidivé avec ce plan de jeu, notamment en deuxième période, avec LeGarrette Blount. Belichick et les Pats menaient 17-7 à la mi-temps, mais Brady avait du mal à trouver constamment ses receveurs et surtout Gronkowski, bien couvert. Belichick a donc décidé d’augmenter la cadence au sol. Blount termine le match avec 30 courses et totalise 148 yards et 3 touchdowns. Il faut également féliciter la ligne offensive, impeccable toute la soirée et qui a permis à Blount de profiter de jolies routes.
  • Malgré une interception, Tom Brady a assuré et rend une très bonne copie. 23/35 à la passe, pour 226 yards et 3 touchdowns. Avec Gronk peu en vue (28 yards, 1 TD), c’est Julian Edelman qui été le plus actif avec 9 réceptions pour 98 yards.
  • Son adversaire du soir, Andrew Luck, n’arrivera donc pas à faire tomber Brady et Manning sur les mêmes playoffs. Le jeune QB a été parfaitement contenu par la défense de New England. Il ne termine qu’avec 126 yards (12/33) et 2 interceptions. La meilleure attaque de la NFL durant la saison régulière ne produit que 209 yards offensifs. Le crédit va bien sûr à la défense des Pats, peut-être la meilleure que Belichick ait eue. Le pass-rush a mis la pression sur Luck, et les corner ont très bien couvert les receveurs. A l’image de Darrelle Revis, auteur d’une interception, ou de Kyle Arrington qui limite T.Y Hilton à 1 seule réception.
  • Il faut tout de même s’arrêter sur la performance globale des Colts cette saison. Malgré des gros trous dans l’effectif, Andrew Luck a su porter son équipe jusqu’en finale de conférence, en sortant au passage les Broncos de Peyton Manning. Indianapolis avait besoin d’un jeu au sol pour épauler Luck et d’une défense capable d’arrêter les meilleures attaques de manière régulière.

Les Seahawks retrouvent donc le Super Bowl et leur rêve de doublé. Une performance qui n’a plus été réalisé depuis plus de 10 ans, par l’adversaire de Seattle le 1er février prochain, New England. Le duo Brady-Belichick jouera son sixième Super Bowl, et tentera d’écrire encore un peu plus l’histoire d’une des grandes dynasties de l’histoire de la NFL.

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