Les meilleures Drafts de l’histoire – 8. La Draft 1981

Publié le Mis à jour le


Organisée à l’hôtel Sheraton de New York, la Draft 1981 a produit pas moins de 7 Hall of Famers, dont 4 qui ont été pris dans le top 8. Pour la première fois de l’histoire, les deux joueurs sélectionnés aux deux premières positions, George Rogers et Lawrence Taylor, ont remporté les trophées de Meilleurs Rookies en fin de saison.

Lawrence Taylor, un des meilleurs défenseurs de l’histoire, est arrivé en NFL en 1981 (SI.com)

Le 1er tour

** Stats : Pro Football Reference

Tour Choix Equipe Joueur Position Matchs Saisons titulaire AP PB
1 1 NO George Rogers RB 92 6 2 3
1 2 NYG Lawrence Taylor LB 184 13 8 10
1 3 NYJ Freeman McNeil RB 144 8 1 3
1 4 SEA Kenny Easley DB 89 7 3 5
1 5 STL E.J Junior LB 170 9 1 2
1 6 GB Rich Campbell QB 7 0 0 0
1 7 TB Hugh Green LB 136 8 0 2
1 8 SF Ronnie Lott DB 192 14 6 10
1 9 LAR Mel Owens LB 122 6 0 0
1 10 CIN David Verser WR 52 0 0 0
1 11 CHI Keith Van Horne OT 186 12 0 0
1 12 BAL Randy McMillan RB 88 6 0 0
1 13 MIA David Overstreet RB 14 0 0 0
1 14 KC Willie Scott TE 98 3 0 0
1 15 DEN Dennis Smith DB 184 13 0 6
1 16 DET Mark Nichols WR 76 3 0 0
1 17 PIT Keith Gary DE 86 3 0 0
1 18 BAL Donnell Thompson DE 147 11 0 0
1 19 NE Brian Holloway OT 102 6 0 3
1 20 WAS Mark May OG 159 10 0 1
1 21 OAK Ted Watts DB 74 2 0 0
1 22 CLE Hanford Dixon DB 131 9 2 3
1 23 OAK Curt Marsh OG 45 2 0 0
1 24 SD James Brooks RB 162 8 0 4
1 25 ATL Bobby Butler DB 169 9 0 0
1 26 DAL Howard Richards OG 69 1 0 0
1 27 PHI Leonard Mitchell OT 89 4 0 0
1 28 BUF Booker Moore RB 51 2 0 0

Le 1er choix – George Rogers

Ça n’arrive plus de nos jours (attention à Saquon Barkley quand même), un running-back a été pris avec le 1er choix de la Draft 1981 ! Il faut dire que George Rogers arrivait avec des arguments, puisqu’il avait remporté le trophée Heisman lors de sa dernière saison universitaire à South Carolina, université où il possède encore de nombreux records et notamment le nombre de yards gagnés au sol (5 204). Rogers est sélectionné par New Orleans et est directement installé comme titulaire sur le backfield des Saints. Lors de sa saison rookie, il termine leader de NFL avec 1 674 yards, ce qui lui vaut un Pro Bowl et un trophée de meilleur rookie offensif. Il jouera 4 saisons au total avec les Saints, avant de partir du fait de la concurrence d’Earl Campbell. En 1985, il signe avec les Redskins où il jouera 3 saisons de plus. Il y remplace le futur Hall of Famer John Riggins et se montre plutôt à la hauteur. Il fait partie de l’équipe qui remporte le Superbowl XXII, un an avant de mettre un terme à sa carrière à cause de blessures à répétition.

George Rogers, 1er choix en 1981 et Meilleur Rookie Offensif (Getty)

Statistiques de sa carrière NFL

  • 7 176 yards au sol
  • 54 touchdowns
  • 2 yards par course
  • Meilleur rookie offensif (1981)
  • 1x champion du Superbowl

Le 1er tour en chiffres

  1. Comme le nombre de sélections All Pro pour Lawrence Taylor

Si vous demandez qui est le plus grand défenseur de l’histoire de la NFL, Lawrence Taylor a de grande chance d’être la réponse la plus commune. Le linebacker a été drafté par les Giants avec le 2ème choix en 1981, et il a changé la manière dont le football se joue. Il impressionne ses coéquipiers et coachs dès le « training camp » par ses qualités de pass-rusher, et est surnommé « Superman ». Sa saison rookie confirme les promesses puisqu’il commence à terroriser les quarterbacks adverses et termine avec 9.5 sacks et les trophées de meilleur rookie défensif et meilleur défenseur de NFL. Dès les playoffs de cette première saison, les équipes adverses s’adaptent à Taylor. C’est notamment le cas de Bill Walsh à San Francisco, qui assigne un Guard sur lui pour le ralentir. En 1982, sa domination se confirme malgré tout et il double la mise avec un nouveau trophée de meilleur défenseur.

L’année suivante, son coordinateur défensif, un certain Bill Parcells, est promu coach principal. La relation entre les deux hommes est compliquée, et c’est particulièrement vrai en 1983 lorsque Parcells fait jouer Taylor à l’intérieur et que les résultats des Giants sont mauvais. Après avoir failli rejoindre l’UFL et l’équipe de Donald Trump, il revient finalement à New York où il continue de briller. Sa meilleure saison arrive en 1986, lorsqu’il totalise 20.5 sacks sur la saison et remporte le trophée de MVP. Il est à ce jour l’un des deux seuls défenseurs à avoir remporter cet honneur (avec Alan Page en 1971). Cette année-là, les Giants remportent 14 matchs en saison régulière et écrase les 49ers et les Redskins en playoffs avant de remporter le Superbowl XXI face aux Broncos de John Elway.

Après avoir été au top, Taylor et les Giants retombent dans leurs travers lors des saisons suivantes. Les performances de l’équipe sont très moyennes même si Lawrence reste extrêmement efficace. Ses paroles dans le vestiaire créent quelques soucis et, en 1988, il est suspendu pour avoir consommé de la cocaïne. A son retour, il éblouie de nouveau tout le monde sur le terrain et s’offre finalement 15.5 sacks malgré 4 matchs manqués. Il enchaine avec 15 sacks en 1989 alors qu’il a joué une partie de la saison avec un tibia fracturé. Avant la saison 1990, il demande un nouveau contrat et devient le défenseur le mieux payé de la ligue. Il répond avec 10.5 sacks et un 10ème Pro Bowl en 10 saisons. De nouveau décisif en playoffs, il aide les Giants à remporter un nouveau titre (Superbowl XXV).

Bill Parcells prend sa retraite après ce titre et ce moment précis marque le début du déclin de Lawrence Taylor. Car malgré les conflits, les deux hommes étaient devenus très proches. En 1991, sa production baisse (7 sacks) et il manque pour la première fois le Pro Bowl, avant de manquer la deuxième partie de saison en 1992 après une blessure. Ne voulant pas terminer pour des raisons physiques, Lawrence revient l’année suivante. Sa présence fait du bien à la défense des Giants, qui retrouvent les playoffs. Il joue son dernier match face au grand rival San Francisco, une défaite 44-3. Taylor prend alors sa retraite avec 1 089 plaquages, 132.5 sacks (1er de l’histoire en 1993, 13ème aujourd’hui), et 33 fumbles forcés. Il reste comme l’un des joueurs les plus craints de l’histoire de ce sport. Il entre au Hall of Fame dès sa première année d’éligibilité en 1999.

  1. Comme un top 5 exceptionnel

Etre pris dans le top 5 n’est pas forcément synonyme de succès en NFL. De nombreuses équipes en ont fait les frais dans l’histoire de la Draft. Mais parfois, la talent est tel, que ça se passe très bien. En 1981, les 5 premiers joueurs sélectionnés ont connu de très belles carrières et été All-Pro au moins 1 fois. On a déjà parlé de George Rogers et Lawrence Taylor un peu plus haut, voici quelques mots sur Freeman McNeil, Kenny Easley et E.J Junior.

Commençons par Easley, l’autre Hall of Famer de ce top 5 (avec Lawrence Taylor). Drafté par les Seahawks, il reste encore aujourd’hui comme l’un des meilleurs joueurs de l’histoire de la franchise et il était parmi l’élite défensive dans les années 80. Titulaire d’entrée, le safety s’affirme un peu plus chaque saison jusqu’à remporter le trophée de meilleur défenseur de NFL en 1984. Après avoir signé un beau contrat, il confirme avec une nouvelle belle saison. En 1986, il est mis sur le touche à cause d’une blessure, puis en 1987, il est l’un des leaders de la grève qui touche la ligue. Après cet épisode, il fait une saison plutôt moyenne et les Seahawks le transfèrent chez les Phoenix Cardinals. Mais alors qu’il passe les tests médicaux, on lui trouve une grave maladie des reins. Le transfert est annulé et Easley est contrait de prendre sa retraite. En 7 ans, il aura totalisé 32 interceptions, ce qui lui vaut aujourd’hui d’être au Hall of Fame (2017).

Deuxième RB pris dans le top 3, Freeman McNeil a joué ses 12 saisons pros chez les Jets. Au milieu des années 80, il y a formé le « Two Headed Monster » (Monstre à deux têtes) avec Johnny Hector. Joueur régulier, il affiche plus de 4 yards par course en moyenne lors de chacune de ses saisons, et termine sa carrière avec 8 074 yards. Recordman de franchise à ce moment, il a depuis été dépassé par Curtis Martin.

Terminons par le linebacker E.J Junior, drafté par les St Louis Cardinals. Ses meilleures saisons auront lieux au sein de cette organisation, avec notamment 1 sélection All-Pro et 2 Pro Bowls au milieu des années 80. Sa carrière l’emmènera ensuite à Miami, Tampa et Seattle, mais avec moins de succès.

  1. Comme le nombre d’interceptions de Ronnie Lott dans sa carrière

Lorsqu’il est arrivé à USC, Lott était en compétition pour être titulaire au poste de Running-back… C’est finalement Marcus Allen, future star NFL, qui est retenu, et Lott accepte de jouer en défense. Cette reconversion fonctionne et il tape dans l’œil des 49ers, qui le prennent avec le 8ème choix lors de la Draft 1981. Lancé immédiatement comme cornerback, il intercepte 7 passes comme rookie et aide San Francisco à remporter le Superbowl XVI. L’année suivante, il glisse sur le poste de safety. Il passera 10 saisons avec les 49ers, avec 8 titres de division et 4 Superbowls gagnés à la clé.

Agent libre en 1991, il signe avec les Los Angeles Raiders, et termine leader de la NFL avec 8 interceptions. Entre 1993 et 1995, il passe des Jets aux Chiefs, mais il est ralenti par des blessures régulières. Il revient à San Francisco brièvement avant de mettre un terme à sa carrière. En 14 saisons, Lott affiche 63 interceptions (8ème dans l’histoire) dont 5 retournées en touchdown, et 1 146 plaquages. Son numéro 42 a été retiré par les 49ers et il entre au Hall of Fame en 2000.

Les loupés du 1er tour

Rich Campbell (QB)

Alors qu’il sortait d’une saison récompensée par une sélection All-American, Campbell est le premier et seul quarterback à sortir au 1er tour de la Draft 1981. Les Packers le sélectionnent avec le 6ème choix. En 4 ans à Green Bay, il ne voit pas souvent le terrain et ne lance que pour 386 yards, 3 touchdowns et 9 interceptions. Il est transféré chez les Raiders en 1985, où il ne jouera pas le moindre match. Visiblement refroidis par cette expérience ratée, les Packers ne reprendront pas de QB au 1er tour avant 2005 (Aaron Rodgers).

Davis Verser (WR)

Premier receveur pris en 1981, David Verser sort dans le top 10 et rejoint les Bengals. A Cincinnati, il restera 4 saisons mais ne sera qu’un remplaçant qui retournait les kick-offs. Il est tout de même présent lors du Superbowl XVI perdu par les Bengals. Il n’aura pas plus de succès après son départ pour Tampa, où il ne reste qu’une saison. Sa tentative de comeback en 1987 chez les Browns, après une saison hors football, sera un nouvel échec. Il quitte définitivement la NFL avec 1 seule titularisation et 3 touchdowns au total.

David Overstreet (RB)

Drafté en 13ème position par les Dolphins, Overstreet ne jouera pas avant 1983 pour sa franchise. Du fait d’un conflit autour de son contrat, il décide en effet de signer en CFL, avec les Montreal Alouettes. Il gagne 952 yards lors de sa première saison, mais manque une grosse partie de la seconde à cause de blessures. Il retourne à Miami en 1983 donc et montre quelques belles choses avec un temps de jeu limité (392 yards, 4.6 AVG). Mais alors qu’il semblait capable de faire son trou en NFL, Overstreet perd la vie en juin 1984 dans un accident de voiture.

La pépite de la Draft 1981 – Mike Singletary (LB)

  • 2ème tour – 38ème choix, Chicago Bears
  • 179 matchs – 8 All-Pro – 10 Pro Bowl – Hall of Fame

Connu pour être une machine à plaquer lorsqu’il jouait pour l’université de Baylor, Mike Singletary arrive en NFL en 1981 en étant drafté par les Bears au 2ème tour. Il devient linebacker titulaire dès le septième match de sa saison rookie, et il jouera au final un total de 172 matchs en 12 saisons avec Chicago. Cela fait de lui l’un des joueurs les plus durables dans l’histoire de la franchise, sachant qu’il n’a manqué que 2 matchs pour blessures dans sa carrière. Surnommé « Samurai Mike », il était au cœur de la formidable défense des Bears à la fin des années 80. Chicago utilisait un système défensif appelé « 46 defense », qui permettait à Singletary d’avoir beaucoup de liberté et donc de faire d’énormes dégâts. En 1985, les Bears finissent avec un bilan de 15-1 et le linebacker est élu meilleur défenseur de NFL. La domination continue en playoffs et Chicago remporte le Superbowl XX. Singletary remportera le trophée de meilleur défenseur également en 1988. Il prend sa retraite après la saison 1992, avec 8 sélection All-Pro et 10 Pro Bowl. Il affiche un nombre impressionnant de 1 488 plaquages, ainsi que 19 sacks et 7 interceptions. Il entre logiquement au Hall of Fame en 1998.

Mike Singletary, ici au Soldier Field avec Otis Wilson en 1984 (Chicago Tribune)

Après une carrière de joueur exceptionnelle, Mike Singletary a également connu quelques succès comme coach. Il démarre en 2003 comme coach des linebackers à Baltimore, avant de prendre du galon en rejoignant San Francisco en 2005. Avec les 49ers, il reste coach des linebackers mais est également promu assistant du coach principal Mike Nolan. En 2008, lorsque Nolan est viré, il reprend le poste et l’occupera pendant 3 saisons. Il est finalement remercié après la saison 2010, sans aucune qualification en playoffs.

Les autres bons coups

Howie Long (DE)

  • 2ème tour – 48ème choix, Oakland Raiders
  • 179 matchs – 2 All-Pro – 8 Pro Bowl – Hall of Fame

Lorsqu’il a commencé sa carrière universitaire à Villanova, Long jouait Tight-end. Mais il a rapidement changé de côté pour devenir un excellent Defensive End. Il est ainsi sélectionné au 2ème tour de la Draft par les Raiders, et il jouera ses 13 saisons pros à Oakland. Howie Long connaît ses meilleures saisons entre 1983 et 1985, 3 saisons où il est All-Pro. En 1983, il établit son record personnel avec 13 sacks sur la saison (84 en carrière), et en 1984, il aide sa franchise à remporter le Superbowl. A cette période, Long est au cœur d’une des meilleures défenses de NFL. Après sa carrière de footballeur, Long s’est essayé au cinéma pendant quelques années, avant de revenir dans le sport. Il est aujourd’hui consultant sur Fox. Il fait partie du Hall of Fame depuis 2000.

Rickey Jackson (LB)

  • 2ème tour – 51ème choix, New Orleans Saints
  • 227 matchs – 6 Pro Bowl – Hall of Fame

Trois choix après Howie Long, les Saints ont pris un autre défenseur qui deviendra Hall of Famer (en 2010). Après une carrière universitaire honorable, Rickey Jackson va rapidement s’imposer à New Orleans. Il joue en effet les 16 matchs de sa saison rookie et est nommé dans l’équipe-type des Rookies. Durant ses années avec les Saints, Jackson est au cœur du fameux « Dome Patrol » de la défense de Jim Mora. Ce « Dome Patrol » inclut 4 joueurs qui ont formé l’un des meilleurs corps de linebackers de l’histoire : Rickey Jackson donc, Pat Swilling, Vaughan Johnson, et Sam Mills. En 7 ans, ces 4 LB vont totaliser 10 All-Pro et 18 Pro Bowls. Après 13 superbes saisons chez les Saints, Jackson signe à San Francisco où il gagnera le Superbowl en 1994, un an avant de prendre sa retraite. Il finit sa carrière avec 128 sacks, 3ème meilleur total à l’époque et 15ème aujourd’hui. Il affiche également 1 173 plaquages et 40 fumbles forcés.

Russ Grimm (OG)

  • 3ème tour – 69ème choix, Washington Redskins
  • 140 matchs – 4 All-Pro – 4 Pro Bowl – Hall of Fame

Drafté au 3ème tour en 1981 par les Redskins, Grimm sera titulaire au poste de Guard pendant ses 11 saisons au club. Il y sera membres de l’une des meilleures lignes offensives de l’histoire, surnommée « Hogs », aux côtés de Jeff Bostic, Mark May, George Starke et Joe Jacoby. Avec Washington, il participe à 4 Superbowls et en remporte 3. Au sommet de son art entre 1983 et 1986, il sera All-Pro et Pro Bowler chaque saison. Après avoir pris sa retraite en 1991, Grimm intègre le staff des Redskins où il occupera les postes de coach des Tight-end puis de la ligne offensive. Il a ensuite occupé cette même fonction chez les Steelers, où il gagne le Superbowl 2005 après avoir été promu assistant du head coach. Après avoir été finaliste pour devenir le coach principal de Pittsburgh en 2007 (Mike Tomlin a finalement été choisi), il devient l’assistant de Ken Wisenhunt chez les Cardinals. Il fait partie du grand ménage de 2012, et depuis 2016 il est le coach de la ligne offensive des Titans. Entre temps, il entre au Hall of Fame en 2010.

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